samedi 1 août 2020

Juillet

Sommaire


Une journée d’été

Aujourd’hui dimanche je me sens bien, je suis presque seul dans la maison à part Julien le locataire du bas, c'est le calme en marge de l'agitation habituelle et prémices de l'inconnu de demain. J'ai rejoint Thérèse par Whatsapp et Annie à la messe télévisée tout en faisant ma confiture de figues fleurs.
Pas un souffle de vent, le soleil écrase ce qui cherche à rester vert dans le jardin. il faudra arroser ce soir pour préserver le reste de vie et encourager la nuit à tenter de réparer les dégâts du jour. Je me suis baigné ce matin alors qu'il ne faisait pas encore très chaud et mon corps garde la fraicheur de l'eau sans pouvoir s'adapter totalement à la température ambiante. On nous a annoncé 33 ou 34°.
Ce dimanche les enfants se sont réunis pour aménager des box dans le garage pour les locataires
Belle journée de travail coopératif et belles réalisations.
Moi j'étais sur la touche avec Tommy ...  nous avons regardé le site, les photos de Jeanne et lui enfants.
Quel bazar à ranger encore à 18.45 mais, tout le monde est satisfait

Petits bouts de vie

Ma vue se trouble, ce matin Bernadette S. est partie … (voir)
C’était prévisible, j’en parlais fin juin. Je reprends le recueil de poèmes qu’elle m’a fait choisir juste avant de se quitter. Je crois qu’elle est présente dans ces lignes et je m’apprête à en lire les premières pages.
Bernadette, c’était hier, c’était avant … Aujourd’hui, tout est calme ici, il n’y a plus personne. Le soleil continue à briller, à chauffer. Mais moi je suis encore avec les souvenirs et l’appréhension du futur.
AnFr a perdu son agenda bleu avec tous ses rendez vous et elle s’affole au moment de se remettre au travail. Elle est loin mais je ressens son angoisse comme si elle était à côté.
Le calme, je disais, mais le calme avant la tempête … Jean Phi est passé avant son départ sur Cussac et nous nous sommes accrochés sur des questions de procédure avec la messagerie de la maison. Il me demande simplement de m’en éliminer, ne pas me tenir informé de ce qui se passe, d’être un banal « résident », ce qui me parait inadapté.
Je tente de retrouver le contenu de nos échanges oraux, tumultueux avec JPhi‌ et ce que je t'en ai dit. A vrai dire il ne me reste que l'émotion et l'impression désagréable, dommageable du discours engagé sous l'effet de tensions diverses et de fatigues. Je reste persuadé qu'il vaut mieux s'expliquer par écrit pour pouvoir se relire immédiatement et a posteriori. On dit que les écrits restent oui mais on peut revenir dessus et les amender.
Je crois retenir qu'il a fortement réagi quand je lui ai dit que, pour moi, la réalisation des boxes du garage est un détail matériel sans importance particulière. Mon projet était différent mais je reconnais que le résultat est impressionnant. J'étais partant pour quelque chose de beaucoup plus simple en gardant la porte d'origine telle qu'elle était.
Ce qui, pour moi, est remarquable et fortement appréciable c'est d'avoir débarrassé tout le foutoir et objets inutiles accumulés depuis quarante ans et d'avoir affecté un espace pour chaque locataire.

 

Une piste de réflexion : identification

J’ai une piste de réflexion à propos de mon fils JeanPhi  que j’admire énormément dans sa présence à tous, sa mesure et ses capacités à résoudre les problèmes.
A mon avis, il est possible qu’il ait un petit problème d’identification à propos de son père.
Mon idée est que n’ayant pas de fils il projette son manque sur son père qu’il peut voir parfois et inconsciemment comme son fils qu’il aurait pu avoir. Un exemple qui me vient : Il m’a dit dernièrement que je n’avais pas du tout les manières de vivre que je lui aurais inculquées dans son enfance. Ainsi il m’arrive de manger debout alors qu’il faut s’asseoir selon lui… C’est un détail mais je vois qu’il a des attitudes plus problématiques dans ce qu’il considère comme ses engagements et responsabilités pour la gestion, ici.
Pour moi, tout en continuant à m’émerveiller de ce que la maison est devenue, je continue à m’investir tous les jours dans l’entretien, la maintenance de la propriété et, bien qu’il m’arrive de me faire aider, je fatigue de plus en plus physiquement et moralement. J’envisagerais bien de, non seulement laisser les enfants gérer à leur façon mais de laisser la place complètement.




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dimanche 21 juin 2020

Juin



Sommaire


Elagage des temps modernes

C’est ENGIS qui a envoyé, ce matin, son entreprise sous traitante d’élagage pour dégager quelques branches qui risquaient de toucher, par grand vent, un réseau de trois lignes non protégées. Ce réseau est fixé à une dizaine de mètres de hauteur et ne concerne qu’une très légère partie des nombreux fils aussi bien, électriques mais du lotissement, que téléphoniques et donc étrangers à EDF. Nous avions été prévenus de l’aventure par courrier postal depuis deux mois . Une coupure de courant pendant quelques heures.
Donc ce matin, à 8 heures le matériel est arrivé sur place :
·         Un gros semi remorque pour transporter la nacelle élévatrice télécommandée. 
·         Un énorme broyeur et son camion benne
·         Un véhicule spécialisé dans la récolte des branches qui doivent obligatoirement passer par lui, même si elles ne sont qu’à quelques mètres de l’appareil à broyer.
Pour l’équipe de six forts gaillards barbus, 2 actifs, 2 surveillants, 3 de réserve, pause jusqu’à 9.30 pour donner au chef de chantier le temps d’arriver.
10h Mise en route des appareils. Dans un bruit infernal, deux spécialistes se hissent dans la nacelle pour aller couper quelques malheureuses branches qui sont stockées  provisoirement sur le trottoir aux pieds des arbres.
12h tout est terminé. Après avoir balayé le trottoir dans un nuage de poussière avec un souffleur  plus bruyant qu’embarrassant, on range la nacelle sur le transporteur
12.30 l’électricité nous est rendue.
Je n’ose pas faire le compte du prix de revient de cette matinée mais ENGIS a les reins solides…

Déconfinement

Pour moi, le confinement ou le déconfinement ne posent pas de problèmes d'une façon générale. Mais les enfants veulent prendre en mains l'organisation de la maison et ça crée des tensions avec les résidents qui profitaient  un peu trop de  ma gentillesse. C'est bon que l'ordre vienne de l'extérieur.  Pourtant je me sens  mis sur la touche, isolé, rejeté. Je m'accroche  au jardin, à l'ordi bien sûr mais ça ne vaut pas quelqu'un avec qui, malgré des tensions inévitables, je peux me confier et partager de l'intimité…
Il pleut aujourd'hui et  j'ai été réveillé à six heures par l'eau qui coulait du toit sur mon lit‌ et bien forcé de me lever. Me voici donc, en plus, avec des soucis de toit à régler, une nuit écourtée, à rassembler mes idées pour y voir clair dans ma vie que j'aimerais volontiers voir se terminer parfois..
Dès le premier jour de beau temps, je suis monté sur le toit pour dégager les débris accumulés entre les tuiles, qui empêchaient l’eau de s’écouler librement et de trouver une fissure pour s’infiltrer. Il aurait fallu me voir, le vieux de 84 ans à quatre pattes ou à plat ventre au bord du vide pour faire ce travail qu’évidemment les plus jeunes feraient aisément. Mais j’étais satisfait car, la nuit suivante, il s’est remis à pleuvoir et je n’ai pas été mouillé dans mon lit.

 

En panne d’internet

Je suis donc en panne de téléphone fixe mais surtout en panne d’Internet malgré mes multiples démarches auprès de SFR. Le service dépannage 1023 m’a envoyé un sous traitant des télécom samedi matin. J’ai eu du mal à voir arriver ce dernier mais je lui ai tenu l’échelle pendant qu’il allait vérifier la ligne extérieure en grimpant au poteau. Il a ensuite filé en m’assurant qu’il allait rebrancher ma box à partir du central. Ne voyant rien venir je l’ai rappelé mais en vain. Si je n’ai pas contacté le service SFR dix fois dans la journée c’est que j’ai rêvé. Il m’a été conseillé d’aller à Géant Casino chez SFR pour prendre un World trotter. Ce que j’ai fait avec un masque … je ne raconte pas le cirque. Retourné à la maison impossible de connecter l’appareil car mon ordi n’admet que le câble pour se brancher à Internet. Je me trouvais nul, vieux incapable de m’adapter aux modes de vie actuels. Découragé, j’ai fait appel au locataire Julien, ingénieur en mécanique nucléaire qui, très gentiment et patiemment, a bien voulu s’atteler au problème mais sans succès, lui non plus. Ce qui m’a remonté un peu le moral au niveau de l’estime de moi-même. Si je peux consulter mes messages sur mon Smartphone je ne peux pas mettre à jour mes dossiers et communiquer aisément.

Réunion Skype du 7

Rendez vous était pris ce dimanche 7 entre les enfants et PapaMarc. Nous étions tous les 5 en ligne et même si la communication n’était pas très claire du fait d’une mauvaise connexion,  c’était un plaisir d’échanger en direct. JPhi a animé avec brio le processus et Sivi recadrait et reformulait ce qui passait difficilement pour l’ancien, victime des deux filles vite chahuteuses.
L’idée de confier la gestion de la maison à une agence est presque écartée.
La préparation d’un contrat classique de location pour Jérôme et Kathleen est confiée à Jean Phi et  requiert notre attention de façon prioritaire.  Nous pourrions réduire leur logement à ce qui était loué à Bertrand Guershen dans les années 2010. On pourrait alors récupérer la cave et l’ancien cabinet de kiné avec  l’accès au compteur électrique et à la chaudière. Le montant du loyer serait de 1400€ tout compris avec possibilité de sous louer deux chambres à leur convenance. On peut recommander la sobriété dans l’utilisation de l’électricité et de l’eau mais rien de plus au niveau du contrôle.

Les négociations pour établir des bases de vie commune

Le retour à la vie normale après le déconfinement semble bien difficile pour Jérôme et Kathleen. Deux incidents ont compliqué nos relations.
1.       Le premier au moment de leur départ à Signes pour une durée indéterminée à cause du confinement  le 15 mars. Les voyant dans l’embarras pour mener leurs travaux sur place je leur laisse une bonne somme d’argent liquide qui, pour moi, devait s’ajouter à ce que je leur avait déjà avancé. Mais, confiant et inconscient, je ne demande pas de reçu. 
2.       Le deuxième,  au retour le 11 mai, je l’ai raconté le mois dernier.*
Les enfants se sont donc mobilisés pour prendre en charge la gestion de l’Escoub * et nous attendons les réactions de Jérôme.
Pour continuer à mettre de l’ordre dans la gestion je me suis avancé à demander à Antonine de débarrasser le garage d’un bazar qu’elle a entreposé provisoirement il y a sept ans. Un drame !

Le 12 juin

Ce 12 juin, anniversaire de Laurence qui semble très occupée... En début d'année j'avais proposé de lui offrir à cette occasion un voyage à Munich. Et puis il y a eu le Covid. Je veux croire que nous réaliserons ce projet.
‌Je continue les infos familiales sans trop savoir si j'utilise le bon outil et si c'est une bonne façon de faire. J'ai des doutes depuis les dernières réflexions, reproches, injonctions et mesures de rétorsion dont j'ai été l'objet à propos de Jérôme.
« Sivi a t elle envoyé son mail à Jérôme à partir de Gmail ? Je suis content de constater que vous prenez au sérieux la charge de propriétaires veillant sur leur père avant sa mort. » Non ce n'est pas une réflexion de mauvais goût, c'est une réalité. Les temps changent. En attendant "le contrat classique" et ses effets, je constate que l'ambiance est devenue lourde à l'Escoub. Pour le moment seul le locataire du bas, Julien, a des rapports sympathiques et détendus avec moi. Il m'a donné un bon coup de main pour  la piscine.
Oui je me suis investi, pendant deux jours, à vider le bassin et le nettoyer. Il est prêt et  en eau. Je me demande si je vais pouvoir continuer longtemps à prendre en charge ces soucis et ce travail de piscine. Je dois dire que j'aime beaucoup y voir des plantes et des poissons et c'est moins fatigant..

Bérangère, le mystère

Ce matin, j’ai été réveillé à 6.05 par une sorte de détonation, comme un coup de tonnerre qui m’a fait sursauter dans mon lit. Je me suis levé pour chercher la cause de cet incident et après avoir bu une tisane, me suis recouché sans avoir rien trouvé. J’ai supposé un moment que c’était un rêve, une histoire intérieure.  Faut il chercher des explications à ce que l’on ne comprend pas ? C’est le cas de Bérangère qui m’habite alors. Depuis toujours et sans succès, je voudrais des éclaircissements sur les causes de son mutisme.
Un coup de vent a fermé brusquement le petite fenêtre de la salle de bains, ce matin … un tableau de JC Imbert s’est décroché dans le séjour.
A Bérangère, j’ai écrit une nouvelle fois sur les conseils de ma psy thérapeute … mais de nouveau sans résultat. Je crois que, de ce côté, j’ai épuisé mes ressources humaines.

Une visite à Marseille

Plus de quatre mois que nous nous étions vus avec Bernadette et Alain S. C’était mon premier retour auprès de mes amis Poursuivre à Marseille.
Oui et Bernadette ne va pas fort ! En rémission, en sursis pour un traitement d’un cancer pleural pour lequel elle a été hospitalisée plusieurs fois et dernièrement en soins intensifs. Elle est résignée, se sent en bout du rouleau mais confiante à la vie présente. Son souhait est d’organiser une suite à l’atelier vie spirituelle que nous avons interrompu en début d’année.
Avant de partir, elle m’a fait choisir entre une dizaine d’ouvrages qui l’accompagnent  et qu’elle est allé chercher  spécialement. J’ai pris le plus petit « Petits bouts de vie », des poèmes de Fabienne Delteil dont je n’ai jamais entendu parler.
Ce matin en pensant à ce rendez vous j’imaginais que je pourrais lui chanter une vieille chanson scoute genre Spiritual : « Si tu vas au ciel »
Si tu vas au ciel, bien avant moi,
Fais un ptit trou et tire moi par là !
Hali a oh, hali a oh, ohé !…
Dans la nuit, elle est repartie aux urgences …


vendredi 15 mai 2020

Journal Mai






Le Live de Isabelle P.

Je crois que j'aurais pu prendre des leçons car je viens de perdre patience en élevant la voix de façon inhabituelle. J'héberge une Colombienne et je n'arrive pas à m'habituer à ses façons de faire. Elle a le sang chaud et n’en fait qu’à sa tête. Pas de dégâts heureusement mais je suis contrarié de n'avoir pas su me maitriser. Hier je n'étais pas très fier de moi qui prône de respecter les gens comme ils sont.
Des photos de Yaël ce soir et du jardin à Cussac par Camilla. J'en suis bien content. Et j'ai bien rigolé avec une vidéo envoyé par JPhi.

En cette fin de confinement

Je suis toujours à me demander si je vais bien. Je perds un temps fou à ne rien faire ... en admirant mon jardin. Je me dis, je ne sais pas pourquoi, "Profitons en ça ne durera pas".
Je n’ose pas me prononcer sur cette période étrange que nous vivons. Que d’avis divers et contradictoires ! Les critiques du gouvernement vont bon train mais qui aurait fait mieux ? Pour moi, le rebelle qui, au service militaire, s’est débrouillé pour passer à travers les différents vaccins obligatoires, je me plie aux contraintes étonnantes qui nous sont imposées, distanciation, confinement. Pour les règles soit disant hygiéniques de lavage de mains fréquents et au savon, je n’en fais qu’à ma tête en partant du principe qu’un corps sain, non pollué par les médicaments doit savoir se défendre jusqu’à ce qu’il meure naturellement. Si c’est mon temps de mourir, je suis prêt. En attendant je vis le mieux possible dans la sobriété, en évitant tout excès.

A propos des pages web

Pour la page web, il ne s'agit pas de nouvelles mais de vous montrer des photos dont certaines vous concernent (dis je à mes correspondants). Et comme le monde entier voit ou peut voir 😌 ces images, il est bien que vous soyez au courant de façon à me demander de les retirer si elles ne vous conviennent pas ou au contraire me dire si elles vous plaisent.

11 mai : déconfinement

Pour mon compte, le déconfinement a été épique et surprenant, hier, avec une colère de Jérôme revenant de Signe après une absence d'ici, de deux mois. Sous l’effet du stress du retour, de la fatigue, sans doute, après avoir crié comme je ne l’ai jamais vu faire, il m'a claqué la porte au nez et je ne l'ai pas revu depuis (le lendemain). Ceci, parce que j'avais osé proposer, début avril, une solution qui n'était pas la sienne pour la location d'une chambre en bas. Je m'étais alors plié aux injonctions par SMS de Kathleen, qui signait Jérôme.
* Je souhaitais affecter une chambre pour une amie de la chorale, Florence, que je connaissais, qui m'accompagnait et m'aidait bien pour le jardin. Cette chambre, Kathleen et Jérôme l'avait réservée pour une personne, trouvée en réponse à une annonce, qui  ayant visité le local, n'avait fait aucun règlement financier. J'avais donc pris contact avec cette jeune femme, par téléphone,  pour lui demander de bien vouloir abandonner et prévenir Kathleen afin de pouvoir loger la copine Florence alors très enthousiaste pour s'installer chez nous. Ça n'a pas plu à Kathleen et elle s'est arrangée pour  influencer Jérôme peu porté  à lui déplaire, je crois, c'est ce que j'en ai constaté. Mais surprise, quand j'ai voulu m'expliquer avec lui, hier, j'ai constaté que sa susceptibilité était bien touchée par cette affaire, j’ai interprété qu’il s'est identifié à ce qu'il a pris pour une ingérence à son autorité alors que je lui demandais un arrangement dont je prenais la responsabilité. Moi, j'ai été bien déçu car il a fallu que j'abandonne le rêve de partager avec Florence des projets et une aide efficace pour le jardin. Elle a trouvé à se loger ailleurs et il va donc falloir, pour moi, composer avec cette histoire afin de retrouver une bonne relation avec nos voisins du bas.
Je pense bien que je pourrais demander à Jérôme des comptes sur ce qu'il me doit mais ce serait l'enfoncer dans son malaise qui parait d'être tiraillé entre les besoins et les demandes des uns et des autres. De fumer pour tenter de s'en sortir.
Mais vous ne savez pas tout encore car, avant de se mettre en colère, Jérôme m'a dit que maintenant qu'ils avaient bien travaillé à 4 personnes à Signe pendant les deux mois du confinement, pour avancer les travaux afin de rendre habitable la remise qu'il avait acquise, il envisageait d'y loger son fils. Alors qu'il clamait, depuis un an, pour nous réclamer des sous, qu'il allait revendre l'appartement terminé pour se faire un peu d'argent. Il comptait réaliser l'ensemble des aménagements tout seul (il ne pouvait rien exiger de son fils ... [qui a encore abandonné son camion sur le parking]).  Il avait déjà fait de multitudes allés et retours Aix Signe pendant plusieurs mois pour avancer seul  la tâche.

Ca pousse à la réflexion

En allant commander des lunettes, hier, je me suis mêlé à la vie extérieure, pour la première fois depuis deux mois. J'ai trouvé que le monde changeait.
La communication est difficile, du fait de la distanciation imposée, déjà mais pas seulement, même à un mètre on peut se côtoyer. Plus difficilement certes, allez vous comprendre sans pouvoir lire sur les lèvres de votre interlocuteur ? Maintenant il faut avoir peur de parler à son voisin sans masque, de ne pas se toucher, s'embrasser ni se serrer la main. L’atmosphère est tendue, pas question de plaisanter, on se prend au sérieux, "la maladie va vite" me disait le client devant moi qui n'osait pas s'approcher de la place qu'il devait prendre, inscrite sur le sol, alors que je l'y invitais. Il parait que pendant le confinement on était surveillé, la police était partout et distribuait des amendes aux contrevenants.
Certes, la circulation automobile, tout en reprenant de la vigueur, reste fluide. Pas d'embouteillages, là encore les distances semblent respectées. On ne se bouscule pas chez les commerçants, il faut prendre rendez vous pour être écouté, on ne fait pas la queue sinon à l'extérieur de l'espace d'affaires et là, souvent, elle s'étire à vous décourager d'attendre. Une fois autorisé à entrer, il faut ajuster son masque, se laver les mains, éviter les poignées de portes qui en sont de plus en plus démunies d'ailleurs et qui doivent s'ouvrir seules, ne rien manipuler, beaucoup portent des gants jetables.
Je ne suis pas allé en ville pour prendre le pouls des badauds qui cherchent à changer d'air, il parait que la mendicité est plus difficile qu'avant. Oui on ne dit plus "dans le temps" mais "avant la pandémie", Macron dirait "avant la guerre". Pour nous, les anciens, la guerre était le danger concret avec le risque de recevoir une bombe ou d'être fusillé. On ne trouvait pas ce dont on avait besoin et on ne mangeait pas à sa faim. Il ne fallait rien gâcher et on devait tout récupérer. On partageait d'abord avant de se servir. On n'avait pas peur d'utiliser ses doigts et on se régalait de ce qui nous était proposé sans se préoccuper de savoir d'où ça venait ou si c'était bio.
Côté mortalité, on ne s'en préoccupait pas beaucoup. C'était même un mérite d'exposer sa vie pour le bien commun ou pour une cause que l'on s'était donnée. On savait vivre à la dure, ne pas s'écouter et se soigner avec les moyens du bord.

La reprise.

« En fonction de l’analyse que nous faisons des causes, selon la compréhension que nous avons de la situation, selon les priorités que nous choisissons, comment pouvons-nous penser et construire le monde d’après ? (Message des présidents Psv)
La crise mondiale actuelle soulève des questions fondamentales sur lesquelles nous avons des choses à dire, à tous les niveaux : la place de l’Homme dans la Nature, le rapport à la mort, la place de la spiritualité dans nos vies, mais aussi comment comprendre la crise économique, politique et sociale qui s’annonce, et surtout comment agir à notre niveau, que devons nous modifier dans notre manière de vivre au quotidien, pour que les choses changent ? »
Oui la reprise est difficile Nous ne savons pas comment aborder les problèmes qui se posent. Faire comme si tout allait bien n’est pas la solution. En rire est peut être mieux.
 Ici la situation était critique avec Jérôme et Kathleen (voir ci-dessus, 11 mai déconfinement). Ils refusaient tout dialogue et toute explication à propos de leur rôle de gérants du bas et de leur situation financière dans la maison. Jérôme, sans vergogne, proposait de tout oublier ce qui s’est passé. « Il le faut » disait il en refusant mes invitations d’aller plus loin. Je ne me suis pas laissé exploiter cette fois et j’ai appelé à l’aide les propriétaires à savoir les quatre enfants, en leur demandant de confronter les résidants du bas sur leur place et traiter avec Jérôme les affaires de la maison.

 Jean Phi a organisé une visio conférence avec un certain brio même si tout n’était pas parfaitement au point.
Yaël a souligné une pratique de ma part que vous réprouvez peut être aussi et que je veux défendre ici :
Si je ne suis pas très bavard sur le plan oral, j'aime m'expliquer par écrit et je profite de la messagerie pour informer les personnes susceptibles de s'intéresser à moi et éventuellement de donner leur avis. Le seul point litigieux, j'en suis conscient, est que je ne cite pas toujours le nom des destinataires du courrier que je peux envoyer aussi par Skype, Watsapp ou Messenger. Mais est ce nécessaire ? Ce qui est certain c'est que le courrier s'adresse bien à ceux qui le reçoivent. Et la copie à l’intéressé est une question d’honnêteté vis-à-vis de la personne qui a le droit de savoir ce que je dis d’elle et à qui je le dis. Pour " et à qui je le dis."c’est autre chose mais j'y réfléchirai encore.  
Ainsi, c'est vrai, Jérôme s'est trouvé affecté de constater que je mettais à la connaissance de personnes étrangères des faits qui le concernaient. De mon texte, c'était la seule chose qu'il me reprochait.  Je lui ai répondu que j'étais désolé mais que je ne regrettais pas car, en plus de ne vouloir rien lui cacher, cette façon de faire le poussait à prendre le problème plus au sérieux car devant témoins. Le retour des Imbert à l’Escoub a donc été assez éprouvant pour moi. Nous nous sommes expliqués mais pas forcément bien compris. Nos amis sont débordés par quantité de soucis, financiers déjà et ne semblent pas prêts à prendre en considération mes préoccupations de plus « Ancien » et responsable de la maison. Jérôme reste une aide précieuse cependant.
J’ai revu mes copines, presque voisines, Colette et Josette. Nous nous sommes retrouvés ici avec plaisir autour d’un excellent pique nique pot au feu que Colette avait préparé. J’ai constaté, là aussi, que les temps changeaient tout en gardant certaines habitudes de la « période d’avant ». Colette est assez maussade mais ouverte et respectueuse des différences, elle court se laver les mains toutes les cinq minutes, vieux réflexe d’infirmière, dit elle. J’aime sa sensibilité et m’ennuie de ses longues visites qu’elle me faisait jadis. Josette est dans l’euphorie du succès de sa nouvelle installation à Aix. Nous avons encore discuté ce matin et sa bonne humeur semble inaltérable. Avant de reprendre la peinture, elle se lance dans l’écriture poétique. Très satisfaite de ses productions qu’elle a plaisir à présenter, elle refuse de les remettre en question et tient en garder la propriété en les protégeant par des « copyright » que je trouve un peu prétentieux.
Pour moi, fier de ma barbe que je refuse de tailler pour marquer le changement d’époque, j’ai beaucoup de satisfactions de constater que mes amis de Poursuivre commencent à répondre aux communications que je leur adresse. Nous allons peut être, grâce à la crise, en prenant conscience du rôle que nous avons à jouer dans la société en tant qu’Anciens,  vers un renouveau du Mouvement et de son fonctionnement en utilisant les outils informatiques à notre disposition.

J’ai téléphoné à ma soeur Annie, ce n'est pas un plaisir pour moi car je n’aime pas ce moyen de communication car, j’entends mal, je fais souvent répéter et de leur côté mes sœurs sont contrôlantes, fatigantes, centrées sur la forme et sur elles mêmes. Pourtant, souvent, elles sont touchantes, ouvertes et je les aime bien. Thérèse a fini par m’envoyer un message pour me dire qu’elle était prête à se faire entendre. Je lui ai répondu que, ravi de la retrouver, j’étais prêt à accepter toutes ses justifications. A Annie, je disais que la veille, je m'étais programmé un film à la télé que je voulais absolument voir (je ne sais pas pourquoi) "Les choses de la vie", superbe réalisation de Claude Sautet en 1970 avec Michel Piccoli et Romy Schneider ... C'est le regard sur sa vie dans les dernières minutes d'un accidenté de la route. Et bien j'ai vécu, ensuite, une drôle de nuit à revivre celle que j'ai passé le 25 avril 86 après l'accident d'Olivier.

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